Rencontre avec Lucie Narbonne, paysagiste

Quelles ont été les grandes lignes directrices qui ont guidé votre réflexion sur l’aménagement des espaces publics paysagers des Trois fées ?

Il s’agissait tout d’abord de bien relier ce quartier en devenir au reste de Cébazat, de l’intégrer, de ne pas en faire un morceau de ville enclavé, isolé, sans lien avec son environnement. Nous avons donc travaillé en ce sens, mais en gardant également à l’esprit la volonté de donner la priorité aux « modes » doux de circulation. La voirie constitue  ainsi une ossature de base, essentielle pour bien irriguer le quartier, mais elle ne dicte pas l’aménagement. Et, surtout, les voies sont des zones pensées comme des espaces à partager : il s’agit de zones 30km/h, les piétons et les cyclistes sont prioritaires, de grands espaces verts jouent également le rôle de liaisons…

Nous avons aussi tenu compte du contexte du site : si on examine les champs alentours, l’environnement ou le grand paysage, on voit bien que se dessinent deux grands axes, un axe Nord/sud et un axe Est/ouest. Cela se lit au travers de l’orientation du parcellaire. Nous avons respecté cette trame, très lisible sur Les Quartières et Charvance, avec des liaisons Est/ouest très structurées, à l’instar des traversées Nord/sud plus douces et plus naturelles, en termes d’aménagement mais également de gestion.

Concernant justement l’aménagement paysager, comment le qualifieriez-vous ? 

Il marie des ambiances différentes et  offre un double visage : un visage– en proximité avec la ville - très « travaillé », « construit », qui est aussi dans tout Cébazat et qui vaut à la commune  ses trois fleurs, et un visage plus naturel, avec ses prairies, vergers, qui le raccroche au paysage environnant, aux chemins communaux. Nous avons également tenu compte de l’existant pour proposer des espaces verts en lien avec l’histoire du site, comme pour le verger.

Il est vrai que ce ne seront plus tout à fait les mêmes arbres, pour ceux qui n’étaient pas en bonne santé, mais l’idée est bien de conserver cet espace de verger, et d’en faire aussi un nouveau lieu de sociabilité.  Pour ce qui est des végétaux, nous avons privilégié les essences locales : il y aura aussi bien de grands arbres que des prairies, des tapis de plantes vivaces… nous avons étudié avec attention la végétation aux alentours pour nous en inspirer. En se promenant dans le quartier, on ne s’ennuiera jamais, car on traversera des ambiances très différentes, d’autant qu’à cette diversité de l’aménagement paysager s’ajoute une diversité architecturale. Chaque espace aura son ambiance propre, et le mobilier urbain en tiendra compte, même si on trouvera aussi des constantes qui assureront une unité d’ensemble.

L’eau est un élément important dans cet aménagement ?

L’eau est effectivement un élément très présent : les solutions retenues ont à la fois un intérêt hydraulique et un intérêt paysager par l’ambiance végétale que cela va procurer et la garantie de la préservation de la biodiversité. Il y aura ainsi des noues plantées qui courront le long des voiries, des bassins de rétention, appelés à se transformer en zones humides lors d’épisodes pluvieux importants ; le plus grand, situé sur Les Quartières, à ciel ouvert, s’accompagnera d’un parcours de santé. L’aspect hydraulique associé à l’aspect paysager est l’opportunité de créer du paysage dans tout le quartier.

Quels sont les points forts du projet à votre avis ?

Pour rester dans mon domaine, l’aménagement paysager, je trouve que le projet est très intéressant car il y a depuis le début une véritable volonté, une ambition, pour créer un quartier le plus respectueux possible de l’environnement. Un quartier innovant qui reposera sur la notion de partage, qu’il s’agisse d’espaces communs comme le verger ou les jardins familiaux, d’espaces de rassemblement par les places ou les jeux, ou d’espaces de rencontre au travers de la voirie et de la mixité des modes de circulation. De plus, la mise en œuvre du projet reste cohérente avec cette ambition de départ. Il y a un vrai suivi, avec la Calade et Tendem Empreinte associant atelier VILLES & PAYSAGES à Egis France, pour veiller au respect des principes de développement durable fixés dès l’amorce des études et jugés jusqu’à réception des travaux.

Je pense que le résultat sera détonnant, et à suivre !



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Réalisation : Overscan